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Alefbet, Tapisserie (détail), 2004-2006, collection de l’artiste Grisha Bruskin
Paris,
Musée d'Art et d'Histoire de Judaïsme,
9 avril - 8 juillet 2010
Exposition de la tapisserie de G. Brushkin.
« Car nous marchons dans les pas de nos ancêtres et la vie consiste à remplir des formes mythiques avec le matériau de la réalité. »
Thomas Mann, Joseph et ses frères
Alef bet (mot qui désigne l’alphabet hébraïque), fut présenté en 2006 au Musée Pouchkine dans le cadre de l’exposition Tapisseries d’Europe occidentale du XVI eau XXe siècles. Cette immense fresque de 3 x 11m, a été réalisée dans la plus pure tradition par des liciers russes ; peuplée de 160 personnages issus de la mythologie, de la Bible, de la Kabbale, du folklore, elle est le fragment d’un livre en perpétuelle mutation, destiné à être continué, interprété, commenté…
Le support de l’œuvre est un texte manuscrit, tiré du Tanya, livre fondamental du mouvement hassidique. Mais ce texte a été raturé et rendu difficilement déchiffrable. Ce qui s’en détache, ce sont des personnages, hors de toute action et de toute confrontation. Ils ne sont pas les acteurs ou les figurants d’un théâtre, ou d’une parade mais forment plutôt une collection. Comme dans les icônes russes orthodoxes, ou dans les enluminures médiévales auxquelles l’artiste fait référence, chaque personnage est porteur d’un accessoire sacré et devient une figure symbolique.
La tapisserie est accompagnée d’un commentaire – une sorte de lexique rédigé par l’artiste. Le spectateur, conformément à la tradition talmudique, est appelé à commenter ce commentaire. Alef bet est une référence au début de tout et à la formulation du monde. L’artiste veut inciter le spectateur à la méditation, à explorer le sens de la Création.
Grisha Bruskin naît en 1945 à Moscou dans une famille juive. Son œuvre est habitée par deux traditions : celle du judaïsme, qu’il redécouvre et étudie, et celle du communisme soviétique.
Après des études à l’école d’art puis à l’école des arts décoratifs de Moscou, il expose dès 1966 et se trouve en but à la censure à plusieurs reprises, notamment en 1976 à la Maison des Artistes de Moscou, puis en 1983 à Vilnius. En 1984, son exposition, à la Maison centrale des travailleurs de l’art, est fermée après un procès sommaire. En 1988, la vente Sotheby’s de Moscou, au cours de laquelle ses œuvres atteignent des prix-record, marque un tournant dans sa carrière. Il part pour New York où il vit et travaille depuis. Ses œuvres sont acquises par de prestigieux musées parmi lesquels le Ludwig Museum Ludwig à Cologne et le MoMA de New York. En 1999, il termine le triptyque La vie par-dessus tout une commande du gouvernement allemand, destinée au bâtiment rénové du Reichstag à Berlin. Les tapisseries de Grisha Bruskin constituent un nouveau versant d’une œuvre qui conjugue peinture, sculpture, dessin, porcelaine, écriture, installations et performances.
Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
71 rue du Temple
Paris 75003
Tél : 01 53 01 86 53
Fax : 01 53 01 86 45